C'est une idée dans l'air, quelques mots posés sur une note embrouillée par les confessions d'un fou. Le désenchantement laisse tout d'un coup place à l'ivresse malhabile, celle qui vous rend aussi gai qu'un gamin découvrant son GI Joe sous les branches du sapin de noel. On grelotte à chaque fois que le train passe trop près de nous et on trouve toujours à dire quand le fond de la piscine n'est pas clair ; ah qu'il est beau ce petit bout de piste... Si beau qu'il donne envie de se pendre par les deux bouts. On se parfume, on s'épile, on se caresse dans le sens du vent, on se complimente sur nos trésors, qu'ils soient cachés mais surtout bien voyants ; c'est la course aux caprices. Et on préfère se regarder de travers et fuir à la première incartade que cela donne envie de descendre dans la mine rejoindre les cracheurs de charbon, de les suivre là où le soleil n'a plus son mot à dire.

Je me suis essayé aux joies des relations harmonieuses et délicates, à jouer au mari modèle qui ajuste sa cravate avant d'acquiesser les sermons des esthètes bipolaires à l'encre de chine. C'était le défi qui m'était imposé chaque jour et qui me ramènerait à m'ennuyer de tout et pour tout. Que diable fait on ici ??? L'atomne ne sert qu'à ramasser les tourments d'un été passé à repeindre sa carcasse à coups de transats de sable et de cocktails citronnés, une saison qui s'amuse à feindre la réalité des choses : attendre, toujours attendre.

Une femme qui pleure dans les bras de son amant car elle ne veut pas rentrer retrouver celui qu'elle a pourtant choisi, elle ne sait plus comment faire avec lui mais lui, l'attend avec son courage dans un bras et avec une souffrance dans l'autre, un périple qui ne connaîtra jamais sa fin. L'hiver arrive et avec lui ce froid glacé qui vous rentre les rotules jusqu'au sang. Son avatare gonfle les rangs de la file qui file aussi vite qu'elle est venue, là bas au delà des miroirs sans pain. J'essuie mes chaussures usées et usantes sur ce vieux tapis de mon bar préféré. C'est encore ici que je me sens en phase avec mes sentiments. L'odeur du fromage sur la salamandre, le bruit des glaçons dans les cubes de verre, la mousse soyeuse et fraîche de cette pression que je vais déguster d'un trait... Un certain attrait qui retient toutes mes attentions. Un refuge dans la ville, un alibi pour aller mieux, le confort à portée de la moindre paresse. 

Passez votre chemin diront certains !!! Qu'ils crèvent où qu'ils se barrent !!! J'en reprendrais bien une autre... Et une autre...