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Des masques blancs, ovales, carrés qui rameutent, envahissent, s'amourachent, s'entrecroisent. Des masques pour se cacher de nos peurs qui nous traumatisent dès que le jour se lève, le grand carnaval est annoncé ! Ils n'obéissent qu'à notre propre loi et se foutent bien des mémoires des anciens, battant de l'aile à chaque fois qu'il faut se mettre à nu, ils remportent la palme du ressort qui se brise ; c'est la fuite en avant. Ma maison en est remplie, du grenier à la cuisine, ils culminent et me baisent ces fumiers, pas facile de s'en débarrasser, de leur dire de se barrer, d'aller jouer ailleurs. Les masques sont nos reflets dans l'eau crade qui nous entoure, véhémente saturation organique et volcanique, salopes aux culs de briques trouées de mille sexes ; un doux accident dont je suis le témoin permanent. Je voudrais les balancer par delà les ombres du lac et applaudir leur dernier tour de piste, hélas ils savent déployer toute leur mesquinerie à mon égard et finissent toujours par me retrouver pour mieux me salir. Ils sont le virus de moi même et pour le moment je n'ai pas su trouver l'antidote. Ils me regardent, ils me regardent, ils me regardent, ils me regardent, ils me regardent et j'ai peur. J'ai peur.
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roberto_jacoby